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Expériences sur la baguette divinatoire

Recherche faite à Chalon-Sur-Saône.

Les expériences sur la baguette divinatoire ont depuis quelques années attiré l'attention du public et le monde savant s'est occupé de la question. Un des membres de notre Société, M. Paul Lemoine, attaché à une sous-commission du ministère de l'Agriculture chargée d'étudier les questions de cette nature, a bien voulu me communiquer quelques notes inédites sur la question et m'autoriser à les reproduire:

Les recherches et les observations faites, écrit M. Paul Lemoine, peuvent se diviser en deux groupes:

  • 1° celles qui ont eu pour but de démontrer la réalité du phénomène.
  • 2° celles qui, supposant cette réalité démontrée, ont essayé de pénétrer plus avant dans l'étude du phénomène, d'en chercher la cause, d'en étudier les modifications possibles.

1. Expériences ayant pour but de démontrer l'existence du phénomène

Les premières expériences ont eu pour but de prouver la réalité du phénomène; dans ce but on a essayé de faire opérer les porteurs de baguette dans des conditions où toute fraude était difficile. Les premières données contrôlées scientifiquement que l'on a possédées sont celles qui ont été effectuées dans le Sud-Ouest africain allemand et qui ont été publiées par la Ligue allemande pour l'étude de la baguette divinatoire (Verband zur Klârung der Wunschel rutenfrage): 800 emplacements avaient été indiqués; dans 163 des sondages ont été faits, 15 n'ont pas été poussés assez profondément, 148 entrent donc en ligne de compte; là-dessus, 31 n'ont donné aucun résultat, 117 ont été suivis de succès, le pourcentage est donc de 79%, nettement supérieur à celui que donnerait le calcul des probabilités.

D'autres expériences ont été faites, pour ne citer que les principales, au moment du congrès des baguettisants tenu à Paris, à Pâques 1913; quelques-uns des résultats obtenus, les plus typiques, ont été publiés par M. Viré (La Nature, 1913); les recherches ont porté sur l'indication de la présence de cavités souterraines qui étaient inconnues des baguettisants et dont ceux-ci ont levé, au moyen de leur instrument, un plan qui se rapproche d'une façon très remarquable du plan inédit de ces cavernes.

Depuis, M. Viré a fait connaître à la Société philomathique (décembre 1913) de nouveaux résultats qu'il a obtenus avec le meilleur des baguettisants connus, M. Probst; celui-ci a opéré à la grotte de La Cave, dans le Lot, et a levé des cavités souterraines qui la constituent, un plan très détaillé qui se trouve rigoureusement identique à un plan détaillé inédit et qui est très différent du plan que l'on distribue aux touristes.

M. Marage a également fait connaître les résultats obtenus en Tunisie par un conducteur des ponts et chaussées qui a eu l'occasion de faire exécuter des sondages sur les points qu'il avait indiqués et qui a obtenu un pourcentage de réussites très voisin de 100 %, les quelques erreurs reconnues étant explicables par diverses circonstances.

A côté de ces expériences à résultats positifs dont on pourrait multiplier l'énumération, il y en a eu d'autres, les-unes publiées, les autres inédites, qui ont donné des résultats beaucoup moins favorables; parmi ces dernières, je citerai celles qui ont été faites à Lyon: en voici les conclusions:

1° Les opérateurs ont passé treize fois sur la source contrôlable et aucun d'eux ne l'a trouvée;

2° sur les vingt-huit sources indiquées par les opérateurs il n'y a que deux concordances, encore comportent-elles de graves réserves; enfin les sources indiquées par un même opérateur au retour, les yeux bandés, ne concordent pas avec celles indiquées par lui à l'aller les yeux ouverts.

J'ai eu moi-même l'occasion de faire faire un certain nombre d'expériences analogues et j'ai eu tantôt des résultats positifs, tantôt des résultats négatifs. En somme, lorsque l'on étudie les phénomènes de rhabdomancie, des échecs ne sont pas rares à côté de séries d'expériences favorables; aussi je ne crois pas qu'il faille nier à priori le phénomène; il est possible que celui-ci soit extrêmement délicat et sujet à de nombreuses causes d'erreur, qu'il suffise de circonstances en apparence futiles pour empêcher les phénomènes de se produire correctement; c'est justement le rôle de l'observation scientifique de se rendre compte des causes qui peuvent arrêter ou modifier ce phénomène.

2 Expériences ayant pour but d'étudier les modalités du phénomène

Les expériences ayant pour but d'étudier la modalité du phénomène me paraissent beaucoup plus importantes. Il faut supposer la réalité du phénomène démontré et l'étudier alors comme on étudie un phénomène physique, en se pliant en quelque sorte à toutes les conditions exigées; on en étudie les diverses modalités et il est possible ensuite de se rendre compte si l'on se heurte à des contradictions véritables ou au contraire si les phénomènes de rhabdomancie se comportent comme des phénomènes physiques et s'ils sont explicables autrement que par des phénomènes de suggestion ou d'auto-suggestion ou dé supercheries admirablement montées d'ailleurs.

1° Nature de la baguette

La plupart des sourciers se servent normalement d'une baguette de coudrier (noisetier) ou d'un arbre quelconque; d'autres préconisent l'emploi de baguettes métalliques. J'ai fait faire à ce sujet quelques expériences qui m'ont montré que la baguette de cuivre se comporte généralement aussi bien que la baguette de verre, mais qu'elle donne des résultats négatifs avec certains corps, par exemple, le cuivre, l'aluminium, le plomb.

2° Nature des corps agissants

On sait que l'eau courante n'est pas le seul corps qui agisse sur la baguette; les expériences de M. Viré ont montré d'une façon très nette que les cavités souterraines sèches agissaient également sur celle-ci; on sait depuis longtemps que certains rhabdomanciens prétendent que les métaux agissent d'une façon très remarquable sur leur instrument. J'ai fait faire devant moi un très grand nombre d'expériences sur la question et j'ai constaté effectivement qu'un très grand nombre de corps sont rhabdoactifs,si l'on peut employer ce néologisme; il semble même que la distance de sensibilité soit proportionnelle au poids lorsque ce poids reste-dans des limites convenables, mais que cette distance de sensibilité tende vers une distance limite, quelle que soit la masse de corps employé; ainsi pour plus de 450 kilogrammes de zinc on a trouvé six mètres comme distance limite de sensibilité; il semble de même qu'il y ait un point limite au-dessus duquel la distance de sensibilité reste la même. D'autre part, quand on compare des corps de même famille, il paraît résulter des expériences faites que: 1° les sels sont généralement plus actifs que les métaux; 2° que les dissolutions sont plus actives que les sels; 3° que dans une même famille de métaux, on a des classifications comme celle-ci: CaO, PaO, ThO2, FeNi, où dans chaque groupe l'activité rhabdoactive croît du premier terme au dernier en même temps que leur poids moléculaire.

M. Mager a signalé des faits analogues. Il résulte de ces observations que l'on peut concevoir comment au moyen de l'emploi de baguettes différentes d'une part, de l'étude des distances de sensibilité de l'autre, un rhabdomancien exercé puisse arriver à reconnaître quels sont les métaux enfermés dans une boîte cachée; mais on conçoit combien le problème est délicat et combien nombreuses sont les causes d'erreurs; aussi s'explique-t-on bien lés échecs qui peuvent se produire.

3° Autres phénomènes rhabdoactifs

Lorsque l'on étudie les phénomènes qui se produisent sur la baguette divinatoire, on est appelé à expliquer un certain nombre d'anomalies au moyen d'explications analogues à celles des phénomènes physiques; c'est ainsi que la recherche de masses métalliques cachées derrière une cloison se fait généralement d'une façon assez satisfaisante, mais on observe fréquemment des causes d'erreur constantes et j'ai été amené à admettre l'hypothèse que ces causes d'erreur pouvaient s'expliquer au moyen de phénomènes analogues aux phénomènes de réfraction qui subiraient un rayonnement rhabdoactif supposé à travers la brique par exemple.

Cette explication est confirmée par ce fait que la brique paraît l'un des meilleurs isolants connus vis-à-vis du phénomène rhabdoactif, et de même des rondelles de caoutchouc se comporteraient comme un isolant.

De même, on est amené dans certains cas à envisager l'hypothèse de phénomènes de rémanence pour expliquer comment certains corps rhabdoactifs continuent à agir sur la baguette, même après qu'on les a enlevés de leur emplacement primitif comme s'ils avaient dégagé un rayonnement rémanent ou émis une espèce de parfum; tous ces phénomènes de rhabdoactivité sont très analogues aux phénomènes de radioactivité ou aux phénomènes odorants; ils sont tous très conformes aux possibilités physiques, encore que pour beaucoup d'entre eux on n'ait qu'un très petit nombre d'expériences véritablement authentiques, et que l'on puisse également envisager des phénomènes d'auto-suggestion de la part des observateurs.

3 Rôle du porteur de baguette

Le rôle du porteur de baguette a été souvent très exagéré, en ce sens qu'on l'a souvent considéré comme un acte de prestidigitateur qui faisait apparaître le phénomène à son gré et que l'on a trop souvent accusé de charlatanisme. En réalité, dans beaucoup de cas, la bonne foi des porteurs de baguette est évidente et si le phénomène n'existe pas, il faut certainement parler d'auto-suggestion.

Cependant il est très probable que l'organisme humain joue un rôle considérable dans ces phénomènes de rhabdomancie, tout au moins pour l'instant, tant qu'on n'aura pas pu remplacer le porteur de baguette par un instrument physique. La nature de la baguette peut évidemment influer sur la sensation que ressent le rhabdomancien, mais elle ne la crée pas, de même que les lunettes dont on peut fortifier sa vue ne créent pas le phénomène de vision mais le modifient simplement.

M. Paul Lemoine avait prié, lors d'un séjour qu'il fit à Chalon, notre collègue, M. Quincy, de réaliser devant lui quelques expériences au moyen de la baguette. Il fut convenu que M. Quincy explorerait le jardin attenant à la maison que j'habite à Chalon, rue d'Autun, n°50. Les expériences ont montré qu'il existait dans ce jardin une zone active; elle a été repérée à deux jours différents d'une façon absolument concordante. En fait, il existe dans les caves de la maison habitée par moi une source qui décèle l'existence d'une nappe souterraine. plan des recherches d'une nappe souterraine M. Quincy ignorait l'existence de cette source. De plus, en hiver ou à la suite de fortes pluies, il se produit d'autres sources éphémères dont M. Quincy ignorait l'existence.

M. Paul Lemoine a alors cherché à faire étudier par M. Quincy le prolongement de cette zone aquifère vers le Nord. Une série d'expériences ont été faites dans les rues du quartier de la Citadelle, quartier que M. Quincy ne connaissait pas. Il était complétement perdu dans ce faubourg, et croyait même avoir découvert un second ruisseau souterrain. Or, tous les points reconnus ont été portés sur le plan et s'alignent de façon parfaite suivant A B. La largeur de la zone aquifère semble s'accroître vers le Nord, soit que sa profondeur soit plus grande, soit que sa largeur augmente réellement.

Postérieurement aux expériences faites en présence de M. Paul Lemoine, M. Quincy a recherché le prolongement de la zône active ci-dessus dans la direction de la Saône. Il a constaté que la baguette tournait en des points situés dans le prolongement de cette zone, en ligne droite et situés boulevard de la République, en face la Chambre de Commerce, quai Michelet et quai du Linguet. Voir C D une seconde ligne d'expériences faites par les membres de la Société.

C. ROUYER.

Bulletin de la société des sciences naturelles de Saône et Loire.

Octobre-Novembre-Décembre 1913

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